Webinaire sur le Frelon Asiatique deuxième partie (piégeage) (mars 10, 2021)

Info Frelon Asiatique (vespa velutina)

Lors de la journée de Namur par webinaire du 31 janvier, Monsieur Gilles Lanio, apiculteur dans le Morbihan, a partagé son expérience sur la gestion du frelon asiatique.

Pour ceux qui n’ont pas pu le suivre en direct voir la vidéo

Que retenir de cette soirée ?

Il faut mettre en place une stratégie de piégeage des fondatrices. Monsieur Lanion estime que le frelon asiatique est plus périurbain / urbain que rural en ce qui concerne le nid primaire.

Au printemps, la fondatrice trouve un emplacement à l’abri des intempéries pour développer un nid pas plus gros qu’un œuf de poule. La hauteur est donc très limitée. La présence d’un point d’eau à proximité est également un atout pour l’établissement du nid primaire.

Il va sans dire que la destruction des nids primaires est le point le plus important de la stratégie.

Le premier point stratégique est donc le piégeage de printemps.

Ce piégeage ne doit être mis en place que si la présence du frelon est avérée.

Il faut attendre les premières chaleurs (début avril en Bretagne Morbihan), c’est-à-dire plus de 15°, voire 18°. Ces températures déclenchent un vol important des fondatrices et c’est le moment idéal pour piéger durant un mois, voire un mois et demi maximum (chez nous, entre le 15 avril et début mai).

Les pièges utilisés sont des pièges à noyade non sélectifs. Afin de ne pas attirer d’autres espèces, l’emplacement du piège doit être choisi de manière pertinente. L’appât doit être remplacé tous les deux / trois jours maximum. L’idée est qu’il faut éviter la dégradation et l’oxydation de l’appât, ce qui risque d’attirer d’autres insectes comme des mouches.

Les pièges non sélectifs fonctionnent mieux pour le frelon asiatique (piège à guêpe) mais n’étant pas sans risque pour les espèces indigènes, le choix des plages horaires pour la pose vont de pair avec celui de l’emplacement.

La fondatrice étant à la recherche de glucides, il faut donc un appât sucré mais alcoolisé pour éviter de piéger d’autres insectes.

Appâts :  alcool = répulsif pour les insectes – sirop attractif – les frelons piégés volants dans le piège = répulsif

Vin blanc cassis – bière grenadine – le nectar de banane + alcool – confiture de prune…

Sans oublier des essences d’arbres qui attirent les frelons comme le Camélia – le Cotonéaster…
 

Le deuxième point stratégique est le piégeage d’été (pendant la saison et en fin de saison)

Les ouvrières se nourrissent exclusivement de glucides mais elles sont à la recherche des produits carnés poissons et viandes pour la partie protéinée servant à l’alimentation des larves.

Le piège doit être placé entre deux ruches (un piège par rucher) ou sur des essences d’arbres qui attirent les frelons, comme le Cotonéaster et d’autres qui sont originaires de son pays.

Les plantes qui offrent les glucides et d’autres polinisateurs pour la partie protéinique comme le « cotonnier aster » sont des points de piégeages à privilégier.

C’est également durant cette période que les nids secondaires doivent être localisés et détruits.

Pour info, une expérience (un test) s’est déroulée au mois d’août, quand 500 grammes de viande rouge ont été avalés sur une journée, soit 24000 abeilles pour donner un ordre de grandeur.
 

Trucs et astuces

Les réducteurs d’entrées évitent l’entrée du frelon dans la ruche, mais induisent le ralentissement du vol de l’abeille sur la planche de vol, ce qui la rend beaucoup plus vulnérable.

Les muselières évitent le stress (en été et en fin de saison, la pression sur la colonie est importante, ce qui fait que le pollen ne rentre plus pour les abeilles d’hiver).

Multiplier les entrées à 360° permet également de diminuer le stress.

Le prix dans le Morbihan pour des neutralisations des nids est fonction de leur hauteur : de 78 à 208 euros.

En 2015 le CARI invitait Monsieur Eric Darrouzet de l’Université de Tours qui continue ses recherches sur le frelon asiatique et les moyens de lutter contre lui.

Voici une vidéo récemment postée par ce chercheur.